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Une zone d'entente : ce que vivent les Français après le 17 octobre

Pokled · Oct 20, 2026, 09:44 PM
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Oct 20, 2026, 09:44 PM (modifié) #1

Manifestation du 17 octobre 2026

Le 17 octobre 2026, des centaines de milliers de Français sont descendus dans la rue pour dire qu'ils n'y arrivent plus. Voici, chiffres et sources à l'appui, ce qu'ils vivent, ce qui les attend en 2027, et pourquoi nous construisons Nodyx.

Six chiffres de la France en 2026

Chaque chiffre est suivi de sa source entre crochets : cliquez pour vérifier. Les photographies de 2009 à 2024 sont des archives.

Pourquoi j'écris ce texte

On m'a appris une règle simple : quand tu vas chez les autres, tu te tais, tu respectes, tu vis comme eux et tu apprends d'eux. Même dans les pays les plus pauvres, sans aucune technologie, on peut apprendre ce qu'est la vie.

J'ai aussi appris à me méfier des raisons officielles. Dans les années 1980, l'Occident armait en Afghanistan ceux qui deviendraient ses ennemis [85] ; vingt ans plus tard, la France y envoyait ses soldats. En Côte d'Ivoire, elle a pesé de tout son poids pour faire tomber un président que la justice internationale a fini par acquitter [86]. On nous dit qu'on défend une patrie ; trop souvent, on défend des intérêts. Je ne crois plus aux grands discours, qu'ils viennent de Paris, de Bruxelles, de Washington ou de Moscou. J'ai l'impression que nous sommes devenus des pantins.

Le 17 octobre m'a fait honte. Pas à cause de ceux qui ont défilé, mais à cause de ceux qui ont pillé, et de ceux qui les ont laissés faire. Un gouvernement qui n'écoute plus, des partis qui soufflent sur les braises pour quelques voix, des influenceurs pour qui l'audience passe avant tout. Je voulais visiter Limoges. Je ne verrai jamais son hôtel de ville.

Le respect que j'ai donné partout, je l'attends aussi chez moi : pour ceux qui travaillent, pour ceux qui manifestent sans casser, pour ceux qui nous protègent, pour ceux qui aiment leur drapeau sans être traités d'extrémistes. Ce qui suit, ce sont des faits. La colère, c'est la mienne.

V.


Partie I · Ce que vivent les Français

Le prix d'un samedi

Le plein et le caddie

Ce 13 octobre, le gazole est à 2,35 euros le litre en moyenne [1]. Sur un plein, 42 % du prix part en taxes pour le gazole, près de 48 % pour le sans-plomb, avec une TVA calculée sur une autre taxe [2].

Le caddie a pris environ 25 % depuis 2021 [3]. Cette année encore, les légumes ont augmenté de 10 % : la courgette de 32 %, la tomate de 31 %, à près de 3 euros le kilo en moyenne [4]. Depuis 2015, le prix moyen des légumes en grande surface a pris 62 % [56]. Cet été, après des canicules en série et une sécheresse historique, la tomate cœur-de-bœuf a atteint 8,99 euros le kilo dans un magasin de Clermont-Ferrand, la salade iceberg est passée de 0,99 à 2,29 euros en quelques semaines. « La vache, c'est des tomates en or ? », a lâché un retraité devant le rayon. Une cliente qui gagne 2 000 euros par mois a reposé le paquet : « Je suis loin de vivre dans la misère, mais même pour moi, c'est inabordable. » [56] Sur un an, l'alimentation n'augmente plus que de 1,4 % ; mais les prix ne redescendent pas, ils restent au niveau atteint [5].

Tomates à 8,99 euros le kilo dans un supermarché

Crédit : photo La Montagne

« La vache, c'est des tomates en or ? »
Charly, retraité, devant le rayon d'un hypermarché de Clermont-Ferrand.

Des salaires à la traîne

Les salaires n'ont pas suivi. Depuis 2021, le SMIC a pris 20 % [7] et le salaire moyen environ 17 %, à peine plus que les prix [8]. Ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC voient l'écart fondre : après des années de travail, on se retrouve payé presque comme un débutant. Et après un court répit, le pouvoir d'achat par personne recule de nouveau en 2026, de 0,7 % selon l'OFCE [8].

Graphique : le prix du caddie face au SMIC et au salaire moyen

Les gens le disent eux-mêmes. En 2026, environ un Français sur quatre se déclare en situation précaire, six points de plus en un an. Parmi ceux qui travaillent, 40 % disent que leurs revenus ne suffisent plus à couvrir leurs dépenses, dix points de plus en un an. 18 % des Français vivent à découvert, et 58 % peinent à se procurer une alimentation saine [9].

L'énergie, la facture qui étouffe

Le gaz, lui, a augmenté deux fois en 2026, en juillet puis en octobre [6]. En septembre, l'énergie coûtait 21,3 % de plus qu'un an plus tôt, les produits frais 9,5 % de plus [92].

Au tarif réglementé, le kilowattheure coûte 26 % de plus qu'en février 2021 [12], alors que la France n'en a jamais autant vendu à ses voisins : un record de 92 térawattheures d'exportations nettes en 2025, et un premier semestre 2026 jamais vu [11]. Le nouveau mécanisme censé redistribuer aux ménages une partie des revenus du nucléaire ne leur rendra rien en 2027 : selon le régulateur, la remise prévue est de zéro [12].

Le résultat se lit sur les factures. En 2025, 36 % des foyers disaient avoir du mal à payer leur gaz ou leur électricité, contre 18 % en 2020 : deux fois plus en cinq ans. 3,1 millions de ménages consacrent plus de 8 % de leurs revenus à l'énergie, et les fournisseurs sont intervenus 1,2 million de fois pour des impayés, coupures ou réductions de puissance [76].

Graphique : les foyers qui ont du mal à payer leur énergie

Un pays qui s'appauvrit

9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, 15,4 % de la population, le niveau le plus haut depuis 1996 [13]. Et la pauvreté s'installe : la part des personnes restées pauvres quatre ans de suite a presque doublé en quinze ans [14].

Le Secours catholique accompagne plus d'un million de personnes chaque année. Leur revenu médian est tombé de 658 euros en 2014 à 565 euros [15]. Les Restos du Cœur ont accueilli 1,3 million de personnes lors de leur campagne 2024-2025 ; 77 % des familles qu'ils reçoivent vivent avec moins de 644 euros par mois, dix-sept points de plus qu'en 2022 [16].

4,2 millions de personnes sont mal logées, et près d'un million n'ont pas de logement à elles [17]. En 2025, au moins 929 personnes sans domicile sont mortes en France, dont 14 enfants de moins de quatre ans [18].

Tente de sans-abri sur un trottoir

Crédit : Benoît Prieur, Wikimedia Commons, CC0

Le travail ne protège plus

Le chômage remonte

Le chômage remonte. Il a atteint 7,9 % fin 2025, son plus haut niveau depuis 2021 [19], puis 8,1 % au début de 2026, et dépasse 21 % chez les moins de 25 ans [21]. La Banque de France le voit à 8,4 % en fin d'année [20].

Sur les douze derniers mois, près de 72 000 entreprises ont fait faillite, un record [22]. Stellantis arrêtera de produire des voitures à Poissy d'ici 2028, avec 700 emplois en moins sur 1 900, selon le groupe [23].

Le diplôme non plus

Le diplôme ne protège plus non plus. Parmi les diplômés d'un bac+5 de 2023, 72 % seulement avaient un emploi salarié un an plus tard. Parmi ceux de 2024, 84 % ont jugé leur recherche d'emploi difficile, 38 % ont cherché six mois ou plus, et 70 % ont dû renoncer au CDI pour décrocher un premier poste ; les recrutements de jeunes cadres restent 13 % sous leur niveau de 2023 [95]. Pendant les études déjà, près de deux étudiants sur trois ont sauté un repas faute d'argent [96]. On a dit à toute une génération que les études la protégeraient. Elle découvre que ce n'est plus vrai.

Deux salaires pour s'en sortir

Les parents, eux, travaillent presque toujours tous les deux : les deux tiers des enfants vivent avec deux parents en emploi [97], et beaucoup n'ont plus les moyens d'aider leurs grands enfants. En 1975, 61 % des femmes de 25 à 49 ans travaillaient ou cherchaient un emploi ; en 2025, elles sont 86 % [98]. C'est d'abord une conquête : des millions de femmes ont gagné leur indépendance. Mais pour beaucoup de familles, ce n'est plus un choix. Là où un salaire suffisait autrefois, il en faut deux pour s'en sortir, et le temps passé avec les enfants s'en ressent. La vraie question n'est plus de savoir qui doit rester à la maison. C'est de savoir comment la société et les entreprises aident les familles à concilier travail et vie de famille, pour que les enfants ne soient pas les oubliés de l'équation.

Jean-Claude Van Damme face à Marlène Schiappa, « On n'est pas couché », France 2, 30 juin 2018 : « qui s'occupe des enfants si toutes les femmes travaillent ? » L'émission avait fait polémique, et il y a dit des choses très contestables. Mais on peut avoir tort sur certains points et raison sur d'autres.

Oui, certaines phrases de cet échange peuvent choquer. Ce sont des points de vue, et un point de vue se discute. Une idée peut être bonne et bloquer quand même, selon d'où on la regarde. Une phrase peut être maladroite sans que celui qui la prononce l'ait voulu. Sur le fond, on peut extrapoler, bien sûr. Mais ce débat montre surtout une chose toute simple : personne n'est à la place de l'autre. Personne n'a vécu sa vie ni ne voit le monde avec ses yeux. Ce n'est pas évident, et c'est justement pour ça qu'il faut se parler.

Même le CDI

Même le CDI ne protège plus toujours. Dans le « CDI intérimaire », le salarié perd la prime de précarité de 10 % de l'intérim, est payé au minimum entre deux missions, et peut être licencié s'il refuse une mission dans le rayon fixé par son contrat [57]. Le contrat s'appelle CDI, mais la vie ressemble à celle d'un intérimaire.

Ceux qui nous nourrissent

Ceux qui nous nourrissent sont les premiers à tomber. Près d'un ménage agricole sur cinq vit sous le seuil de pauvreté (18 %, selon les derniers chiffres disponibles) [24]. Les exploitants ont un risque de mourir par suicide supérieur de 77 % à celui du reste de la population [25]. Depuis l'hiver dernier, des éleveurs ont vu des troupeaux entiers abattus pour un seul cas de dermatose nodulaire, pendant que l'accord de libre-échange avec le Mercosur, qu'ils jugent déloyal, les met en concurrence avec des produits fabriqués sous d'autres règles [26]. Sans eux, on ne mange pas.

Ni assez pauvres, ni assez riches

Et puis il y a ceux qui travaillent, paient tout, et gagnent quelques euros de trop pour avoir droit à quoi que ce soit. Ni assez pauvres pour être aidés, ni assez riches pour être tranquilles. Ce sont eux qui tiennent le pays, et ce sont eux qu'on oublie.

Prenons un père seul avec deux enfants. Il travaille de nuit et gagne environ 2 250 euros par mois. Avec ça, il paie le loyer, les courses, l'énergie, une mutuelle plein tarif et le carburant pour aller travailler. Toutes aides confondues, aides au logement et prime d'activité comprises, l'État lui accorde 39 euros. Il ne demande pas la charité. Mais il ne va plus au restaurant, ne part plus en vacances, et compte chaque plein. Ce cas n'a rien d'exceptionnel : c'est celui de millions de salariés [83].

Et quand ils se privent, c'est toute l'économie qui ralentit. Cet été, près de deux cafés, hôtels et restaurants sur trois ont vu leur fréquentation et leur chiffre d'affaires baisser par rapport à l'an dernier [84].


Partie II · Pendant ce temps

Ceux qui s'en sortent

Pendant ce temps, l'argent circule, mais pas vers le bas.

Les grandes entreprises

Les entreprises reçoivent au moins 211 milliards d'euros d'aides publiques par an, selon une commission d'enquête du Sénat, avec très peu de contreparties en emplois et sans tableau de bord pour savoir où va l'argent [27]. Une partie de ces aides, comme les baisses de cotisations sur les bas salaires, protège réellement des emplois, et le gouvernement retient un total plus bas, 187 milliards [29]. Mais personne n'est capable de dire précisément ce que chaque euro rapporte.

En 2025, les grandes entreprises du CAC 40 ont redistribué 107,5 milliards d'euros à leurs actionnaires, en dividendes et rachats d'actions, alors que leurs bénéfices avaient reculé de 12 % [28]. Les 500 plus grandes fortunes professionnelles du pays pèsent ensemble 1 076 milliards d'euros [30].

TotalEnergies a dégagé 15,6 milliards de dollars de bénéfice ajusté en 2025. Le groupe n'a payé aucun impôt sur les sociétés en France cette année-là, ses activités françaises étant déficitaires ; en 2024, il en avait payé 95 millions de dollars [31]. Tout cela est parfaitement légal, et c'est justement ce qui choque.

En 2022, Emmanuel Macron comme Marine Le Pen avaient jugé « choquants » les 19 millions d'euros de rémunération du directeur général de Stellantis [32]. En 2024, les actionnaires du groupe ont pourtant validé pour lui un montant pouvant atteindre 36,5 millions [101].

Les marges

Dans les courses, une commission d'enquête du Sénat a montré que le taux de marge des industriels de l'agroalimentaire, habituellement autour de 40 %, était monté à 49 % en 2023, au plus fort de l'inflation [33]. Sur les fruits et légumes bio, la grande distribution prend des marges 81 % plus élevées qu'en conventionnel [34].

Même soigner son chien coûte plus cher. L'Autorité de la concurrence a relevé en 2025 une hausse des tarifs vétérinaires et s'inquiète de la concentration du secteur, rachats de cliniques par des groupes compris, qui pourrait restreindre l'accès aux soins [59].

L'État serre la vis, en bas

Beaucoup d'impôts, peu de résultats

La France prélève 45,3 % de sa richesse en impôts et cotisations, le deuxième taux d'Europe [35]. Elle dépense aussi plus que presque tous ses voisins : 57,2 % de sa richesse en 2025, quand la moyenne européenne est de 49,5 % [70]. Et pourtant, ses services publics craquent. L'argent ne manque pas partout ; il est mal réparti, et souvent mal dépensé. Sa dette atteindra 121,7 % de ce qu'elle produit en un an en 2027, selon Bercy [36]. Les seuls intérêts coûteront 91 milliards d'euros en 2027, contre 79 en 2026 [37].

Graphique : la charge d'intérêts de la dette publique

Pour 2027, le gouvernement demande 54 milliards d'euros d'effort. Les pensions de retraite au-dessus de 1 260 euros ne suivraient plus entièrement l'inflation [38]. L'organisme indépendant chargé de vérifier ses calculs juge ses prévisions « optimistes » [39].

Des services qui craquent

L'hôpital public a fini 2025 avec un déficit de 2,3 milliards d'euros, après un record de 2,9 milliards en 2024. En 2026, ses tarifs ont été gelés. Pour 2027, la Fédération hospitalière de France estime qu'il manque encore 1,3 milliard [40]. Le gouvernement voulait geler l'allocation des adultes handicapés en 2026 ; les députés l'en ont empêché, mais elle n'a été revalorisée que de 0,8 % en avril, quand les prix ont pris 3,1 % sur un an [41]. Les sapeurs-pompiers déclarent près de 1 500 agressions par an, quatre par jour [42].

Ce que l'Assurance maladie ne paie plus, les mutuelles le facturent. Pour 2026, elles annonçaient des hausses de plus de 4 %, alors que la loi leur interdisait d'augmenter ; ce gel est contesté devant le Conseil constitutionnel [58]. Cet été, le gouvernement a préparé de nouveaux transferts de dépenses vers elles, jusqu'à 1,7 milliard d'euros selon la Mutualité française, et le budget 2027 en ajoute 500 millions côté hôpital [102].

Taxer sans faire respecter

L'État sait taxer, il sait moins faire respecter. Le paquet de cigarettes passe à 14 euros pour certaines marques le 1er novembre [60]. Mais lors d'un millier de visites mystère menées à l'été 2025, près d'un buraliste sur trois a vendu du tabac à un jeune de 17 ans, et huit sur dix n'ont pas demandé de pièce d'identité [61]. Les « puffs », ces cigarettes électroniques jetables qui séduisaient les collégiens, sont interdites depuis février 2025 ; des députés signalent qu'on en trouve encore en boutique [62].

Et l'administration ne protège même plus les données qu'elle exige. En 2024, celles de 43 millions de personnes inscrites à France Travail ont pu être dérobées [43]. Fin 2025, 22 millions de lignes de fichiers de la CAF ont été publiées sur un forum de pirates [44].

Une méfiance qui vient de loin

La méfiance vient de loin. En 1956, l'État crée la vignette automobile pour financer le minimum vieillesse ; dès 1959, son produit file dans le budget général, et elle durera jusqu'en 2000 [78]. En 2006, il vend les sociétés d'autoroutes, construites avec l'argent des Français, pour 14,8 milliards d'euros ; une commission d'enquête du Sénat estimera la perte pour l'État à 6,5 milliards, soit 7,8 milliards en euros de 2020, et prévoit 40 milliards d'euros de dividendes pour les actionnaires d'ici 2036 [79]. Les Français avaient payé ce réseau une première fois, par leurs impôts et leurs péages ; ils continuent de le payer, à des actionnaires privés cette fois. Les péages augmentent chaque année : +4,75 % en 2023, +3 % en 2024 [104], encore +0,86 % en 2026 [82]. En 2027, l'État veut prélever 1,4 milliard sur ces sociétés ; il promet que les péages n'en subiront pas le contrecoup, mais ils augmentent de toute façon chaque 1er février [80].

Quant à la retraite, l'âge de départ à la retraite est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu'en 2028 ; la suspension est payée par une moindre hausse des pensions et des mutuelles plus chères, et sans nouveau vote, la marche vers 64 ans reprendra le 1er janvier 2028 [81].

Le monde s'invite à la pompe

Le plein ne se joue pas seulement à Paris. Depuis mars 2026, la crise du détroit d'Ormuz, par où passe une part majeure du pétrole mondial, a fait bondir le baril au-dessus de 100 dollars, jusqu'à 126 au plus fort de la crise. Début octobre, il stagne encore autour de 100 dollars [63]. Le conducteur qui fait le plein à Guéret paie, au litre, un bras de fer qui se joue à des milliers de kilomètres.

Le monde est devenu plus dangereux, et la France réarme. Le budget des armées passera à 63,4 milliards d'euros en 2027, 6,5 milliards de plus qu'en 2026 [64]. Beaucoup jugent cet effort nécessaire. Mais il tombe la même année que les 54 milliards d'économies demandées ailleurs, et que la fin de l'indexation complète des pensions au-dessus de 1 260 euros [38]. Ces choix méritent d'être expliqués à ceux qui les paient.


Partie III · La confiance brisée

La parole qu'on n'écoute plus

Le référendum oublié

Le 29 mai 2005, près de 55 % des Français ont rejeté par référendum le traité constitutionnel européen. Moins de trois ans plus tard, l'essentiel de son contenu revenait dans le traité de Lisbonne, ratifié en février 2008 par les parlementaires réunis en Congrès, qui ont refusé un nouveau référendum [45]. Beaucoup en ont retenu une leçon simple : on peut leur demander leur avis, puis s'en passer.

Voter, à quoi bon ?

Beaucoup de Français ont le sentiment que voter ne change rien, et les chiffres montrent à quel point il s'est répandu. Début 2026, 76 % des Français jugeaient que la démocratie fonctionne mal, du jamais vu depuis 2009 ; 15 % seulement faisaient confiance aux partis, 18 % au président. Pourtant, 82 % restent attachés à la démocratie, et 60 % font confiance à leur maire [88]. Les Français ne rejettent pas le vote. Ils ne croient plus qu'on les écoute une fois le bulletin glissé dans l'urne.

Graphique : la confiance dans les institutions

Beaucoup soupçonnent que les vraies décisions se prennent ailleurs. Bruxelles pèse, mais moins qu'on ne le dit : les études estiment entre 10 et 20 % la part du travail du Parlement français qui vient de l'Union européenne, loin des « 80 % » souvent répétés [89]. Les intérêts privés, eux, ont pignon sur rue : 3 526 organisations sont inscrites au registre officiel des lobbyistes, avec plus de 107 000 actions déclarées auprès des décideurs publics [90]. Il n'y a là rien de secret : le lobbying est un métier déclaré. Mais quand les entreprises ont des milliers de représentants et que le citoyen n'a qu'un bulletin tous les cinq ans, le rapport de force n'est pas égal.

Des décisions prises dans l'ombre

La justice, elle aussi, semble parfois avancer à deux vitesses. En 2008, en Floride, Jeffrey Epstein, accusé d'abus sur des dizaines de mineures, s'en tirait avec treize mois de prison et le droit de sortir travailler la journée. Il a fallu près de vingt ans, et la publication de millions de pages de son dossier, pour que la justice française rouvre en 2026 ses enquêtes sur ses relais en France [91]. Être cité dans ces documents ne fait de personne un coupable. Mais vingt ans d'attente laissent un goût amer.

Pendant la crise sanitaire, la présidente de la Commission européenne négociait des milliards de doses avec le patron de Pfizer par SMS. Elle a refusé de les rendre publics ; la justice européenne lui a donné tort en mai 2025 [46]. En France, l'organisation de la campagne de vaccination avait été en partie confiée au cabinet McKinsey, pour plus de 11 millions d'euros [47].

Même notre parole ne nous appartient plus

Des plateformes qui vivent de la colère

Cette colère s'organise sur des plateformes qui n'appartiennent pas à ceux qui s'en servent. Elles décident de ce qui circule et de ce qui disparaît, et elles gagnent de l'argent à chaque réaction, la colère comprise.

À l'été 2024, à Southport, en Angleterre, trois fillettes ont été tuées. En quelques heures, un faux nom et une fausse origine du meurtrier ont fait le tour des réseaux, et le pays a connu ses pires émeutes depuis treize ans [52]. Un an plus tard, à Torre Pacheco, en Espagne, le même mécanisme a tourné pendant quatre nuits [53]. Le chagrin était réel, et il a été détourné.

Des ingérences venues de l'étranger

Certains le font exprès, depuis l'étranger. Le service de l'État chargé de traquer les ingérences numériques, Viginum, a rattaché au moins 77 opérations à un seul réseau russe, Storm-1516. En février 2026, l'une d'elles diffusait un faux article de presse pour lier le président de la République à l'affaire Epstein [65]. Leur méthode est toujours la même : trouver une colère française, et l'attiser.

Nos données, nos messages

Nos données ne sont pas mieux gardées que nos conversations. Interrogé sous serment au Sénat en juin 2025, le directeur juridique de Microsoft France a dû répondre à une question simple : pouvait-il garantir que les données confiées par l'administration française ne seraient jamais transmises aux autorités américaines sans l'accord de la France ? « Non, je ne peux pas le garantir », a-t-il répondu, en ajoutant que cela ne s'était encore jamais produit [66]. Les données de santé de millions de Français étaient alors hébergées chez Microsoft. Il a fallu attendre février 2026 pour que l'État annonce leur départ vers un hébergeur européen [66].

Et la tentation de tout surveiller grandit. À Bruxelles, un projet de règlement surnommé « Chat Control » veut faire analyser les messages privés de tous les Européens, au nom de la lutte contre la pédocriminalité. Le 29 septembre 2026, les négociateurs se sont encore séparés sans accord sur ce point ; les États membres poussent pour des analyses obligatoires, le Parlement européen y est réticent [67]. En France, la loi qui interdisait les réseaux sociaux aux moins de 15 ans aurait obligé chaque adulte à prouver son âge en ligne ; le Conseil constitutionnel l'a censurée le 14 août 2026 : interdiction trop générale pour la liberté d'expression des mineurs, et preuve d'âge imposée à tous sans garanties [68].

Seuls derrière nos écrans

Les machines ne trient pas que nos conversations. Dans les entrepôts d'Amazon en France, des scanners chronomètrent chaque geste et signalent toute pause de plus de dix minutes. Le Conseil d'État a jugé ces outils légaux [54].

Un Français sur trois vit aujourd'hui en isolement relationnel [55]. Beaucoup ne se parlent plus que par écrans interposés, sur des espaces conçus pour les retenir, pas pour les réunir.


Partie IV · Le 17 octobre

Le 17 octobre

Une colère née sur les réseaux

L'appel n'est venu ni d'un parti ni d'un syndicat. Il est parti de TikTok, lancé par de jeunes inconnus, puis repris partout [48]. Début octobre, des centaines de milliers de lycéens et d'étudiants avaient déjà manifesté pour réclamer des professeurs remplacés et plus de moyens [49]. Des partis ont annoncé leur soutien, après coup [50]. Sur un appel qui parlait de vie chère, partis, syndicats et causes en tout genre sont venus planter leurs drapeaux. Chacun avait ses raisons. Mais à force, le message des premiers venus s'est noyé.

Ces jeunes ne vont pas bien. La part des 18-24 ans ayant traversé un épisode dépressif a presque doublé entre 2017 et 2021 [51]. On les dit perdus ; beaucoup ont surtout été laissés seuls.

Une journée salie

La veille, 69 % des Français disaient approuver le mouvement [73]. Samedi, ils étaient 550 000 dans la rue selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs [69]. La journée a aussi été violente. Selon le ministère de l'Intérieur, près de 2 400 personnes ont été interpellées et 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept gravement [103] ; à Limoges, l'hôtel de ville a été incendié ; à Marseille et dans plusieurs villes, des commerces ont été pillés [74] ; à Saint-Étienne, un adolescent de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade, dans des circonstances encore à établir [105].

Le pillage et la violence, c'est non. Ils ne sont pas la colère des centaines de milliers de gens venus dire qu'ils n'y arrivent plus : ils la desservent, et ils font des victimes de tous les côtés. Il faut apprendre à faire la différence entre celui qui manifeste et celui qui casse. Ceux qui ont pillé et brûlé ont sali cette journée ; ils ne représentent ni les Français, ni ceux qui étaient venus défiler. Et plus de 600 policiers, gendarmes et pompiers ont été blessés en protégeant des villes et des gens qui n'avaient rien demandé. Ils méritent notre respect.

Magasin pillé à Grenoble en 2023

Grenoble, émeutes de juillet 2023. Crédit : David Monniaux, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Remettre la journée à sa juste place

Il faut aussi remettre cette journée à sa juste place. 550 000 manifestants, c'est moins d'un Français sur cent. Les autres étaient au travail ou en famille ; beaucoup partageaient la colère sans se reconnaître dans ce que la journée est devenue. Le ras-le-bol est immense. Le 17 octobre, tel qu'il s'est terminé, n'en est pas le visage. Des partis, de La France insoumise aux écologistes en passant par les communistes, avaient soutenu l'appel avant même de savoir ce qu'il deviendrait [50] ; sur les réseaux, la surenchère a fait le reste. La veille, sept Français sur dix approuvaient le mouvement. Le lendemain, il en restait une mairie en cendres, des vitrines brisées et des centaines de blessés parmi ceux qui protègent. Le résultat est l'inverse de ce que voulaient ceux qui avaient défilé. Mais les condamner ne dispense pas d'entendre ce qui a fait descendre tant de monde dans la rue.

Un État absent

Le vendredi soir, à la veille de la mobilisation, le président de la République et son épouse assistaient au concert de Céline Dion, à Nanterre [75]. Le dimanche, il réunissait les ministres concernés à 17 h 30, avant de s'adresser aux Français à 20 heures ; la cellule interministérielle de crise, elle, n'était convoquée que pour le lundi matin [74] [87]. Dans son allocution, il a promis la fermeté contre les casseurs et de la « transparence » sur le maintien de l'ordre. Sur la vie chère, qui avait fait descendre tant de gens dans la rue, aucune annonce [87]. À Washington, Donald Trump écrivait que « la France brûle » [106]. Un pays que sept Français sur dix soutenaient dans sa colère s'est retrouvé, en une nuit, montré du doigt pour son désordre. Les casseurs ont volé cette journée à ceux qui l'avaient préparée. L'État, lui, n'a su ni l'écouter avant, ni la protéger pendant.


Partie V · Ce que nous construisons

Vrai ou faux ?

Ce qui circule sur les réseaux, vérifié à la source.

Vrai ou faux : les rumeurs du 17 octobre

Ce que Nodyx est

Un lieu à vous

Nodyx est un logiciel libre pour créer un lieu de discussion : un forum, un chat, des salons vocaux. Chaque communauté l'installe sur son propre serveur. Elle en fixe les règles, elle garde ses données, et personne ne peut la fermer à sa place.

Il n'y a pas de publicité, pas de pistage, rien à revendre. Les messages privés sont chiffrés de bout en bout. Le code est public, chacun peut le lire. Et si le site du projet disparaissait demain, chaque communauté continuerait de fonctionner.

Nodyx ne dit à personne quoi penser. Il ne choisit pas de camp. Il garantit une chose : que des gens puissent se parler sans qu'un intermédiaire en tire profit.

Libre, mais pas sans limites

Nodyx défend la justesse des faits et le droit de chacun de publier, de partager et de diffuser. Tout le monde y est le bienvenu, quelles que soient ses opinions. Mais cette liberté a des limites, et elles ne se négocient pas. Chaque communauté est libre chez elle, et personne ne peut fermer un serveur à la place de son propriétaire. L'annuaire qui permet de trouver les communautés, lui, est modéré : celles qui prônent la haine, la pédocriminalité ou le terrorisme en seront effacées, et leurs contenus illégaux signalés aux autorités. Tout le monde y est accueilli, à l'exception de ceux qui nient l'humanité des autres, et cette exception ne se discutera jamais.

Une zone d'entente

Manifester, oui. Piller, non.

Le 17 octobre, des centaines de milliers de Français délaissés sont descendus dans la rue. D'autres sont venus casser. Ce ne sont pas les mêmes, et il ne faut jamais les confondre. Les premiers ont toutes les couleurs, et ils méritent d'être entendus.

On a le droit de revendiquer, de manifester, de dire sa colère. On n'a pas le droit de piller, de brûler, de frapper. Nodyx existe pour la première moitié de cette phrase.

Il y avait dans la rue des gens qui ne votent pas pareil, qui ne viennent pas des mêmes endroits, et qui paient le même prix à la pompe. Ils ne sont pas d'accord sur tout. Ils ont pourtant besoin d'un endroit où en discuter, sans personne pour monter les uns contre les autres.

Ce qu'a fait Mandela

Ça s'est déjà fait, ailleurs, dans un pays bien plus déchiré que le nôtre. En 1995, un an après la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud accueille la Coupe du monde de rugby. Pour la majorité noire, le maillot vert des Springboks est le symbole des années de ségrégation. Nelson Mandela, sorti de vingt-sept ans de prison, choisit pourtant de le porter. Le 24 juin, à Johannesburg, il remet la coupe au capitaine François Pienaar, vêtu du maillot n° 6, devant un stade majoritairement blanc qui scande son nom [71]. Clint Eastwood en a tiré un film en 2009, Invictus, du nom du poème que Mandela récitait à ses codétenus de Robben Island [72] :

Peu importe que la porte soit étroite, / Et la sentence chargée de châtiments, / Je suis le maître de mon destin, / Je suis le capitaine de mon âme.

Mandela n'a demandé à personne de penser comme lui. Il a trouvé un terrain où tout le monde pouvait se tenir debout ensemble.

Le drapeau de Limoges

À Limoges, au soir du 17 octobre, l'hôtel de ville a brûlé. Classé monument historique depuis 1975, il avait 143 ans ; son campanile de 43 mètres, emblème de la ville, s'est effondré dans la soirée [94]. Pendant l'intervention, un pompier est parvenu à sauver le drapeau tricolore du bâtiment, avant de le remettre au maire [93]. Devant les ruines, le maire a eu ces mots : « C'est un monument qui brûle, mais ce n'est pas la République. » Libération a titré : « Un drapeau français, c'est tout ce qu'il restera de la mairie » [77]. Ce jour-là, le seul drapeau qui pouvait rassembler tout le monde n'était ni celui d'un parti ni celui d'une cause : c'était le bleu, blanc, rouge. Il n'appartient à personne en particulier, et c'est pour ça qu'il appartient à tous.

Hôtel de ville de Limoges en 2009

Limoges en 2009. Crédit : Rslr22, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Un pompier sauve le drapeau de l'hôtel de ville de Limoges

Crédit : Patrick Granger, via Cerfia

« C'est un monument qui brûle, mais ce n'est pas la République. »
Le maire de Limoges, devant les ruines.

Se parler, à nouveau

Chaque camp a ses bonnes idées et ses mauvaises. Il manque surtout de la confiance, et un endroit où trier ces idées sans se hurler dessus. Pouvoir dire « là, tu as raison » à quelqu'un qui ne vote pas comme soi, c'est déjà une zone d'entente.

C'est ce que nous construisons. Une zone d'entente, où l'on n'a pas besoin de penser pareil pour se parler.

Le monde est rude, et beaucoup d'entre nous se sentent démunis. Nodyx ne changera pas le prix du plein ni le budget de l'État. C'est peu de chose, un logiciel. Mais permettre à des gens de se retrouver, de parler, de partager et de s'organiser par eux-mêmes, ce n'est pas rien.

Nodyx n'est contre personne. Les outils que vous utilisez déjà, Discord et les autres, sont souvent très bien faits, et chacun choisit les siens ; nous citons d'ailleurs volontiers les alternatives que nous respectons [99]. Nodyx s'adresse à ceux qui ont envie d'autre chose : un outil libre, qui leur appartient, dont ils ne dépendent pas.

Nous avons besoin de respirer, de nous évader un peu, de reprendre la main. D'être autonomes, sans attendre la permission de qui que ce soit. Une communauté peut naître ce soir, sur un vieil ordinateur, dans un salon. Elle n'aura de comptes à rendre qu'à ses membres. Tout recommence toujours ainsi, avec des gens qui se parlent.

Merci à ceux qui informent

Cet article n'existe que grâce au travail des autres. Merci aux statisticiens de l'INSEE, de la Drees et de la Banque de France, aux commissions d'enquête du Sénat, aux chercheurs de l'OFCE et du Cevipof. Merci aux associations qui comptent, chaque année, ceux qu'elles nourrissent, logent et accompagnent : le Secours populaire, le Secours catholique, les Restos du Cœur, la Fondation pour le logement, Familles rurales. Merci aux journalistes de La Montagne, de France 3, d'ICI, de franceinfo, de Public Sénat, de l'AFP et de tous les titres cités plus bas. Merci aux photographes, Patrick Granger et les contributeurs de Wikimedia Commons.

Et un mot à vous qui publiez l'information. Les gens vous lisent, et souvent vous croient sans vérifier, parce qu'ils n'en ont ni le temps ni les moyens. C'est une responsabilité. Être juste, être droit, ne pas mentir : c'est la base du métier, et c'est ce qu'on attend de vous. Un titre qui affole pour faire des clics, un chiffre repris d'un confrère sans être vérifié, une rumeur relayée parce qu'elle fait réagir : tout cela abîme la confiance d'un pays entier. Votre devoir est de montrer la vérité, même quand elle fait moins de bruit que le buzz.

Je ne suis pas au-dessus de ce reproche. En relisant cet article ligne à ligne, j'ai trouvé plus de trente chiffres à corriger : des bilans provisoires dépassés, des chiffres passés d'une dépêche à l'autre sans que personne remonte à la source, des formulations plus fortes que ce que disait le document. Je les ai corrigés. Si vous en trouvez d'autres, dites-le : je corrigerai encore. C'est le minimum qu'on doit à ceux qui lisent.


Sources

  1. Prix-carburant.eu et L'Observatoire de la bagnole, relevés du 13 octobre 2026. ouvrir
  2. Selectra, « Taxes sur le plein de carburant en 2026 », relevé du 22 septembre 2026 (taxes : 41,9 % du prix du gazole, 47,5 % du SP95-E10 ; TVA appliquée sur l'accise) ; BDOR. ouvrir
  3. Élucid, prix des produits alimentaires en France 2021-2026 (environ +25 % depuis 2021) ; UFC-Que Choisir (estimations convergentes ; l'INSEE ne publie pas de cumul sur la période). ouvrir
  4. Familles Rurales, 20e Observatoire des prix des fruits et légumes (juillet 2026). ouvrir
  5. INSEE, indice des prix à la consommation de septembre 2026 (alimentation +1,4 % sur un an). ouvrir
  6. Choisir.com (juillet 2026) ; MonImmeuble, annonce de la CRE du 10 septembre 2026. ouvrir
  7. Décrets de revalorisation du SMIC (1 554,58 € brut en janvier 2021, 1 867,02 € en juin 2026) ; groupe d'experts sur le SMIC, rapport de décembre 2025. ouvrir
  8. OFCE (Sciences Po), prévisions d'avril 2026 : pouvoir d'achat par unité de consommation -0,7 % en 2026 ; salaire moyen par tête +5,6 %, +4,3 %, +2,6 %, +1,6 %, +1,9 % de 2022 à 2026, soit environ +17 %, contre environ +16 % pour les prix (calcul de la rédaction sur le tableau de l'OFCE). ouvrir
  9. Ipsos / Secours populaire, 20e baromètre pauvreté-précarité, publié le 10 septembre 2026. ouvrir
  10. Médiateur national de l'énergie, via la question écrite n° 17668, Assemblée nationale. ouvrir
  11. RTE et Direction générale du Trésor, juillet 2026. ouvrir
  12. CRE, historique des tarifs réglementés (kWh option Base 6 kVA : 0,1582 € en février 2021, 0,2001 € en août 2026, soit +26,5 %) et estimation du 1er juillet 2026 pour le versement nucléaire universel (remise prévue à zéro pour 2027), via Comparons l'énergie. ouvrir
  13. INSEE, juillet 2026 (données 2024) ; Observatoire des inégalités, rapport sur la pauvreté, juin 2026. ouvrir
  14. INSEE, publication d'octobre 2026 sur la persistance de la pauvreté, via Pergama. ouvrir
  15. Secours catholique, 30e rapport sur l'état de la pauvreté (novembre 2025). ouvrir
  16. Restos du Cœur, étude sur les personnes accueillies, campagne 2024-2025 (1,3 million de personnes accueillies, 77 % des familles sous 644 € par mois). ouvrir
  17. Fondation pour le logement des défavorisés, 31e rapport sur l'état du mal-logement (février 2026). ouvrir
  18. Collectif Les Morts de la Rue, décompte provisoire présenté le 2 juin 2026. ouvrir
  19. INSEE, chômage au quatrième trimestre 2025 (7,9 %), via Weka et l'AFP. ouvrir
  20. Banque de France, projections macroéconomiques de septembre 2026 (chômage à 8,4 % en fin d'année). ouvrir
  21. INSEE, premier trimestre 2026 (8,1 % ; 21,1 % chez les 15-24 ans), via la question écrite n° 15616 à l'Assemblée nationale. ouvrir
  22. Altares, défaillances d'entreprises au 3e trimestre 2026, publié le 13 octobre 2026 (14 652 défaillances sur le trimestre, près de 72 000 sur douze mois). ouvrir
  23. franceinfo, avril 2026 ; L'argus. ouvrir
  24. INSEE, revenus des ménages agricoles (18,1 % sous le seuil de pauvreté, données 2018, les plus récentes publiées), via la question écrite n° 17668. ouvrir
  25. MSA, d'après le CépiDc-Inserm (données 2020). ouvrir
  26. France 24, Vert, franceinfo (décembre 2025 à février 2026). ouvrir
  27. Sénat, commission d'enquête sur les aides publiques aux grandes entreprises (juillet 2025), via Public Sénat. ouvrir
  28. Café de la Bourse et Lettre Vernimmen, via Alternatives économiques ; Observatoire des multinationales. ouvrir
  29. Rapport du gouvernement sur les aides publiques aux entreprises (187 milliards d'euros, méthode différente du Sénat), via L'Essentiel de l'éco. ouvrir
  30. Challenges, classement des 500 plus grandes fortunes de France 2026. ouvrir
  31. AFP, « Pourquoi TotalEnergies échappe quasiment à l'impôt sur les bénéfices en France », via Connaissance des Énergies (IS français de 95 millions de dollars en 2024, payé six années sur onze depuis 2015, d'après le groupe) ; audition de Patrick Pouyanné à l'Assemblée nationale, 17 juin 2026 ; lectures opposées du même constat : Gabriel Zucman, « Pourquoi Total ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France », et Contrepoints. ouvrir
  32. Réactions d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen à la rémunération 2021 de Carlos Tavares, avril 2022 (AP, via La Libre Belgique). ouvrir
  33. Sénat, rapport n° 632 (2025-2026), commission d'enquête sur les marges. ouvrir
  34. Que Choisir Ensemble, étude du 28 mai 2026. ouvrir
  35. Eurostat, prélèvements obligatoires 2024, via Legifiscal. ouvrir
  36. Ministère de l'Économie, prévisions transmises au Haut Conseil des finances publiques (septembre 2026), via Reuters et Echos Plus. ouvrir
  37. Ministère de l'Économie, projet de budget 2027 : charge d'intérêts de 79 milliards d'euros en 2026 et 91 milliards en 2027, via France 24 (1er octobre 2026). ouvrir
  38. France 24, 1er octobre 2026 ; KPMG, analyse du PLF 2027. ouvrir
  39. Haut Conseil des finances publiques, avis sur le PLF 2027, via Public Sénat. ouvrir
  40. Fédération hospitalière de France, communiqué sur le PLFSS 2027 (1,3 milliard manquant) ; Drees, 28 juillet 2026 (déficit des hôpitaux publics : 2,3 milliards en 2025, 2,9 milliards en 2024) ; Weka (tarifs 2026 gelés). ouvrir
  41. Ministère des Solidarités, revalorisation des prestations sociales au 1er avril 2026 (AAH +0,8 %, de 1 033,32 € à 1 041,59 €) ; MoneyVox ; abandon du gel voté à l'Assemblée le 12 novembre 2025 ; INSEE, indice des prix de septembre 2026 (+3,1 % sur un an). ouvrir
  42. Ministère de l'Intérieur, 1 461 agressions déclarées par les services d'incendie et de secours en 2024, soit quatre par jour (réponse au Sénat, 2025) ; plan contre les violences envers les sapeurs-pompiers, février 2026. ouvrir
  43. Clubic, fuite de données de France Travail (2024). ouvrir
  44. Solutions Numériques, fuite de la CAF (2025). ouvrir
  45. Conseil constitutionnel ; loi constitutionnelle n° 2008-103 ; Public Sénat. ouvrir
  46. Tribunal de l'Union européenne, 14 mai 2025 ; Le Temps. ouvrir
  47. Sénat, rapport de la commission d'enquête sur l'influence des cabinets de conseil (mars 2022) : 7 commandes à McKinsey pour la campagne de vaccination, 11,63 millions d'euros. ouvrir
  48. StreetPress ; franceinfo. ouvrir
  49. Public Sénat, « Acte III de la mobilisation lycéenne », 6 octobre 2026 (entre 266 000 et 450 000 manifestants selon l'AFP) ; Public Sénat, dossier « Mobilisation lycéenne ». ouvrir
  50. Public Sénat, septembre 2026 (soutiens de Mathilde Panot pour LFI et de Marine Tondelier pour les Écologistes) ; Putsch Media, 14 septembre 2026 (appel de Fabien Roussel, PCF, dès le 11 septembre). ouvrir
  51. Santé publique France, Baromètre santé 2021 : épisodes dépressifs chez les 18-24 ans passés de 11,7 % en 2017 à 20,8 % en 2021. ouvrir
  52. Full Fact, août 2024 ; AFP, « worst riots in 13 years », 4 août 2024. ouvrir
  53. Le Temps (AFP), juillet 2025 ; RTVC, « quatrième nuit de troubles à Torre Pacheco », 15 juillet 2025. ouvrir
  54. Conseil d'État, décision n° 492830 du 23 décembre 2025 : les indicateurs « stow machine gun », « idle time » et « temps de latence » ne violent pas le RGPD, amende ramenée de 32 à 15 millions d'euros. ouvrir
  55. Fondation de France / Crédoc, étude Solitudes 2025. ouvrir
  56. Stéphane Barnoin, « "La vache, c'est des tomates en or ?" : dans les rayons, la cœur de bœuf à 9 euros le kilo et des légumes "inabordables" », La Montagne, 17 août 2026 (citant Familles Rurales pour la hausse depuis 2015). ouvrir
  57. Code du travail, articles L. 1251-58-1 et suivants ; Lefebvre Dalloz, fiche sur le CDI intérimaire ; Force Ouvrière. ouvrir
  58. Mutualité française (hausses de 4,3 % à 4,7 % annoncées pour 2026), via Public Sénat ; loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (gel des cotisations), question renvoyée au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État le 24 juillet 2026. ouvrir
  59. Autorité de la concurrence, avis n° 25-A-12 du 13 octobre 2025 sur les prix des soins vétérinaires ; Dépêche vétérinaire. ouvrir
  60. Arrêté des Douanes du 29 septembre 2026, via Boursorama et CNews (8 et 11 octobre 2026). ouvrir
  61. Comité national contre le tabagisme, enquête Audirep de l'été 2025 (environ 1 000 visites mystère), publiée le 12 novembre 2025, via Brut et Futura. ouvrir
  62. Loi interdisant les cigarettes électroniques jetables (février 2025), via Public Sénat ; question écrite n° 14047 (17e législature), Assemblée nationale. ouvrir
  63. France 24, « Détroit d'Ormuz : pourquoi le grand retour du pétrole ne suffit pas à faire baisser les prix », 2 octobre 2026 ; franceinfo ; Wikipédia, « Crise du détroit d'Ormuz (2026) ». ouvrir
  64. Ministère des Armées, projet de loi de finances 2027, mission Défense (hors pensions) ; actualisation de la loi de programmation militaire promulguée le 16 août 2026. ouvrir
  65. SGDSN / Viginum, fiche technique Storm-1516 (février 2026) ; Viginum, analyse de Storm-1516 (mai 2025, 77 opérations documentées) ; Euronews et France 24 (AFP), 6 février 2026 : faux site imitant France-Soir, qui a porté plainte, et faux courriels attribués au ministère américain de la Justice. ouvrir
  66. Sénat, compte rendu de la commission d'enquête sur la commande publique, audition d'Anton Carniaux (Microsoft France), 10 juin 2025 ; ministères de la Santé et du Numérique, annonce du départ du Health Data Hub vers un hébergeur qualifié SecNumCloud, février 2026 (via Mac4ever). ouvrir
  67. Comptes rendus du trilogue du 29 septembre 2026 (suivis indépendants : Patrick Breyer, chat-control.eu) ; règlement (UE) 2026/1881. Pas de communiqué officiel du Conseil à ce jour. ouvrir
  68. Conseil constitutionnel, décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026 ; La Quadrature du Net ; Toute l'Europe. ouvrir
  69. Ministère de l'Intérieur : 550 000 manifestants (800 000 selon les organisateurs), via Europe 1, 17 octobre 2026. ouvrir
  70. INSEE, comptes des administrations publiques 2025 (mars 2026) ; Eurostat, via l'INSEE. ouvrir
  71. Finale de la Coupe du monde de rugby, Ellis Park, Johannesburg, 24 juin 1995 (Afrique du Sud 15, Nouvelle-Zélande 12, après prolongation) ; John Carlin, Playing the Enemy (2008), livre dont est tiré le film. ouvrir
  72. William Ernest Henley, « Invictus » (1888), domaine public, traduction de la dernière strophe par nos soins ; Invictus, film de Clint Eastwood (2009). ouvrir
  73. Sondage Elabe pour BFMTV, publié le 16 octobre 2026, via Epoch Times. Le sondage original n'a pas pu être consulté. ouvrir
  74. franceinfo, 18 octobre 2026 (réunion à 17 h 30, allocution à 20 heures, pillages à Marseille) ; TF1 et France 24, 18 octobre 2026 (cellule interministérielle de crise réunie le lundi à 10 heures). ouvrir
  75. IBTimes UK et Jean-Marc Morandini, 17-18 octobre 2026 (concert du 16 octobre 2026, Paris La Défense Arena, Nanterre). ouvrir
  76. Médiateur national de l'énergie, baromètre énergie-info (octobre 2025) ; Observatoire national de la précarité énergétique, tableau de bord de novembre 2025, via Connaissance des énergies. ouvrir
  77. franceinfo, « C'est un monument qui brûle, mais ce n'est pas la République », réaction du maire de Limoges Guillaume Guérin, 17 octobre 2026 ; Libération, 18 octobre 2026, via Titres Presse. ouvrir
  78. Loi du 30 juin 1956 instituant le Fonds national de solidarité ; Assemblée nationale, question orale (11e législature) ; Caradisiac, « 2001, la première année sans vignette ». ouvrir
  79. Sénat, rapport n° 709 (2019-2020) de la commission d'enquête sur les concessions autoroutières, 16 septembre 2020 (perte de 6,5 milliards d'euros, soit 7,8 milliards en euros de 2020), via Public Sénat ; question écrite n° 5405 (16e législature), Assemblée nationale. ouvrir
  80. Projet de loi de finances 2027, article 22 (taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance), via Europe 1, Boursorama et Caradisiac (septembre 2026). ouvrir
  81. Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ; OFCE, janvier 2026 ; NosParlementaires. ouvrir
  82. Hausses moyennes des péages : +4,75 % en 2023, +3 % en 2024, +0,92 % en 2025, +0,86 % en 2026 (ministère des Transports, via franceinfo et la question écrite n° 12670, 17e législature), soit environ +9,8 % cumulés. ouvrir
  83. Témoignage recueilli par la rédaction de Nodyx, octobre 2026. Situation anonymisée ; montants communiqués par l'intéressé.
  84. UMIH, enquête de fréquentation de l'été 2026 (65,2 % des établissements en baisse par rapport à juillet 2025) ; observatoire UMIH et Ordre des experts-comptables, août 2026, via Néorestauration et L'Echommerces. ouvrir
  85. Opération « Cyclone » de la CIA (1979-1989) : environ 3 milliards de dollars de financement américain aux moudjahidines afghans via les services pakistanais, avec un financement saoudien équivalent ; Lumen Learning, WorldAtlas. ouvrir
  86. Cour pénale internationale, affaire Gbagbo et Blé Goudé : acquittement du 15 janvier 2019, confirmé en appel le 31 mars 2021 ; arrestation du 11 avril 2011 à Abidjan par les forces d'Alassane Ouattara, appuyées par des opérations militaires françaises et onusiennes. ouvrir
  87. France 24, « Promesses de fermeté et de transparence : ce qu'il faut retenir de l'allocution de Macron », 18 octobre 2026 ; Série News (TF1), 19 octobre 2026. ouvrir
  88. CEVIPOF (Sciences Po), Baromètre de la confiance politique, vague 17, février 2026 (OpinionWay, 3 166 personnes, 12-28 janvier 2026), via Public Sénat. ouvrir
  89. Public Sénat, « Check Point : 80 % de nos lois sont-elles imposées par l'Union européenne ? » (jusqu'à 39 % dans le domaine scientifique et technique, environ 24 % en agriculture) ; Sylvain Brouard, Olivier Costa et Thomas König (dir.), The Europeanization of Domestic Legislatures, Springer, 2012 ; question écrite n° 19827 (15e législature), Assemblée nationale. ouvrir
  90. Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), bilan d'activité 2025, répertoire des représentants d'intérêts, via Sud Radio et La Gazette France. ouvrir
  91. Accord de 2008 avec le parquet fédéral de Floride (Wikipédia, « Affaire Epstein ») ; France 24, « Affaire Epstein : qui sont les Français dans le viseur de la justice ? », 17 février 2026 (réouverture du dossier Brunel et nouvelles enquêtes du parquet de Paris). ouvrir
  92. INSEE, Informations rapides n° 247, indice des prix à la consommation de septembre 2026, résultats définitifs du 15 octobre 2026 (ensemble +3,1 %, énergie +21,3 %, produits frais +9,5 % sur un an). ouvrir
  93. Cerfia, publication du 18 octobre 2026 sur X, photo de Patrick Granger (un pompier portant le drapeau sauvé de l'hôtel de ville de Limoges). ouvrir
  94. France 3 Nouvelle-Aquitaine, « La mairie de Limoges toujours en feu, le campanile, emblème de la ville, s'est effondré », 17 octobre 2026 ; Aquitaine Online (43 mètres, 143 ans, monument historique depuis 1975). ouvrir
  95. Apec, « Jeunes diplômé.es d'un Bac +5 : une insertion plus difficile et au prix de concessions importantes », novembre 2025 ; Apec, prévisions de recrutements de cadres 2026. ouvrir
  96. Baromètre Cop1 / Ifop sur la précarité étudiante 2025 (62 % ont déjà sauté un repas faute de moyens), via Diplomeo ; Ipsos, « Avoir 20 ans en 2026 ». ouvrir
  97. INSEE, France, portrait social 2020 (deux tiers des enfants vivent avec deux parents en emploi en 2019). ouvrir
  98. INSEE, « Évolution de la population active », série 1975-2025 (taux d'activité des femmes de 25 à 49 ans : 60,7 % en 1975, 85,6 % en 2025). ouvrir
  99. Nodyx, « Pourquoi Nodyx, et les alternatives que nous respectons », nodyx.dev. ouvrir
  100. CRE, consultation publique n° 2023-11 sur la structure des tarifs réglementés de vente d'électricité (part de marché lissée sur 24 mois) ; Autorité de la concurrence, avis de novembre 2024 sur les tarifs réglementés. ouvrir
  101. Associated Press, « Stellantis shareholders approve CEO's $38.8 million pay package », avril 2024 (jusqu'à 36,5 millions d'euros). ouvrir
  102. Public Sénat, « Mutuelles : pourquoi les cotisations des assurés devraient encore augmenter en 2026… voire en 2027 » (transferts de 1,5 à 1,7 milliard selon la Mutualité française) ; PLFSS 2027 (500 millions de dépenses hospitalières transférées aux complémentaires). ouvrir
  103. Ministère de l'Intérieur, bilan consolidé du 17 octobre 2026 (2 397 interpellations, 997 policiers et gendarmes blessés dont sept gravement), via ICI. ouvrir
  104. Que Choisir, hausse des péages 2023 (+4,75 %) ; hausse de 2024 (+3 % en moyenne), ministère des Transports. ouvrir
  105. franceinfo, « La main d'un manifestant de 17 ans arrachée par une grenade à Saint-Étienne », 17 octobre 2026 (enquête confiée à l'IGPN et à l'IGGN). ouvrir
  106. CNews, « Donald Trump affirme que la France brûle », 18 octobre 2026 ; Anadolu, 18 octobre 2026. ouvrir

Photographies Wikimedia Commons sous licences libres, passées en noir et blanc pour certaines ; photos de presse créditées à leurs auteurs.

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